Le webzine des professionnels du financement du cinéma et de la TV

19 Mai 2012


Cinéma et télé : produire plus Vert derrière l'écran

Jack Bauer l'a fait : la septième saison de "24 Heures Chrono", l'emblématique série américaine, a réduit de 43% ses émissions de CO2. Signe que le cinéma et la télé peuvent à leur tour alléger l'empreinte de leurs tournages sur l'environnement



Cinéma et télé : produire plus Vert derrière l'écran
Sensibles à l'air du temps, les producteurs français sur petit et grand écran entament à leur tour leur mutation écologique: après un premier séminaire début mars à Marseille, une poignée de précurseurs a présenté mardi à Paris le projet Ecoprod, une plateforme d'outils pour sensibiliser les professionnels et surtout leur proposer des solutions concrètes et un partage d'expériences.

Pascal Tomasini, le directeur de production de "Plus belle la vie", le carton des débuts de soirée sur France 3, a dressé le bilan des 1.000 premiers épisodes de sa série : 70.000 litres d'essence et plus d'un million de KWh consommés, plus d'un million de km parcourus...

"Notre impact est évident, mais que faire? S'agissant de l'éclairage, on ne va pas baisser les feux, on n'a aucune solution évidente", constate-t-il en réclamant l'aide d'experts et le soutien de la recherche.

Pour Ecoprod, les initiateurs - dont TV5, TF1 et la Commission du Film d'Ile-de-France (la région qui abrite plus de 4.400 sociétés de production sur les 6.000 recensées en France) - se sont d'ailleurs associés à l'Ademe, l'Agence pour le développement et la maîtrise de l'énergie.

Un tournage se traduit par le débarquement - parfois en pleine nature - d'une flotte de camions, de groupes électrogènes, d'une cantine (la roulotte) avec gobelets plastiques et assiettes en carton, bref une débauche d'énergie et des déchets à la pelle.

D'ici juin, le site internet www.ecoprod.com proposera sur une dizaine de thématiques des solutions pratiques pour l'éclairage, la restauration, les transports, la post-production...

"On peut demander à EDF des branchements forains pour éviter les groupes électrogènes polluants, organiser le tri des déchets avec les collectivités territoriales, rechercher des matériaux de substitution sur les décors..." énumère Catherine Puiseux, coordinatrice Développement durable à TF1.

"La conscience existe et il faut capitaliser dessus", estime Pascale Baelde, consultante en développement durable et analyse systémique, qui a conduit et analysé les enquêtes auprès des professionnels, centrées sur les transports, les décors (construction et déconstruction), l'électricité et la régie.

"Mais les productions sont éphémères et nomades et les solutions le plus souvent au cas par cas. Il faut donc non seulement mesurer les impacts, mais aussi le coût de l'action, qui suscite une réelle inquiétude" du milieu, souligne-t-elle.

C'est aussi une nouvelle culture qu'il va falloir instaurer dans ce monde "particulièrement atomisé et sous-administré", relève Olivier René Veillon, président de la Commission du Film d'Ile-de-France.

"24 Heures" a économisé 2197 t de CO2 sur le tournage de la 7è saison, soit 43% sur quatre sources d'émissions: essence des groupes électrogènes, transports et avion, logistique, et éclairage. "Personne, jusqu'ici ne songeait à fournir ce type d'information" à la production, remarque M. Veillon. "Mais il faut arriver à impliquer ces entreprises et aussi faire en sorte qu'elles en tirent profit".

Ecoprod compte bien promouvoir ses écrans verts sur les tapis rouges du prochain Festival de Cannes et du grand marché audifovisuel du MipCom en octobre.

Source : AFP / 28 avril 2009


Lu 167 fois
Notez

Nouveau commentaire :