A chaque département sa manière d'aider le septième art. En subventionnant des associations spécialisées dans ce domaine, ou en créant leur propre structure, les collectivités locales ont bien conscience des enjeux économiques de ce secteur. En petite couronne, tous les départements s'y sont mis, sauf les Hauts-de-Seine, qui n'ont « aucune action en faveur du cinéma ». Le 92 est toutefois réputé pour ses entreprises spécialisées dans les effets spéciaux. La grande couronne est le lieu des tournages au sein du patrimoine historique, comme le très prisé château de Vaux-le-Vicomte (Seine-et-Marne).
A Paris, la Ville a mis en place une structure pour mieux intégrer les tournages dans la vie des Parisiens. Les producteurs doivent signer une charte de bonne conduite. En échange, ils sont aidés dans leurs démarches administratives.
La Seine-Saint-Denis aide les secteurs les plus fragiles : le documentaire et le court métrage, qui sont souvent les premières oeuvres des cinéastes. L'association Périphérie, subventionnée par le conseil général, accueille en résidence les cinéastes pendant le montage. « Cette étape est souvent le parent pauvre des films, on l'expédie en quelques semaines, explique Patrice Dubosc, auteur de La Traversée, documentaire sur l'hôpital Avicennes de Bobigny. Là, on a eu le temps nécessaire et les conseils de l'équipe ».
Diffusé devant un public de proximité, son film, qui n'a pas été acheté par la télévision, « a eu le temps d'exister en dehors du formatage des chaînes ». Cinémas 93 propose pour sa part des aides à la postproduction et de terminer les films en panne, avec des bancs de montage, de mixage, d'étalonnage des couleurs et du son.
Le Val-de-Marne et son bureau d'accueil des tournages recense tous les lieux susceptibles d'intéresser les réalisateurs. « Un hôpital, un commissariat, des entrepôts désaffectés pour y construire des décors », indique Jérémie Dubernet, responsable du bureau valdemarnais. Il s'intéresse tout particulièrement aux structures appartenant au département pour les proposer en priorité. Le top : « Trouver une prison, c'est très rare et très demandé ». Le fichier ainsi constitué permet de « conseiller les cinéastes et leur éviter des repérages coûteux ». Et la sauce commence à prendre, puisqu'un téléfilm va se tourner dans des bureaux inoccupés dans les prochains mois. Un long métrage est également en projet.
En Essonne, l'association Emergences aide les jeunes réalisateurs à monter leur premier film, et ambitionne d'être à l'origine d'une « génération Emergences ». Sous la direction artistique d'Elisabeth Depardieu, six ou sept jeunes réalisateurs sont hébergés pendant la session annuelle au Centre national du rugby de Marcoussis. Ils disposent pendant trois semaines de tous les moyens nécessaires pour faire comme des pros lorsqu'ils tournent une scène. Un sacré pied à l'étrier.