7 Février 2012
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Pariez sur la télé pour les bébésPar Céline Astruc, grand reporter chez MoneyWeek
Au début de l'été, la polémique a fait rage. En cause, Babyfirst, une chaîne dédiée aux enfants de 6 mois à 3 ans. Les associations de parents, la Direction générale de la santé sont montées au créneau. En vain. La chaîne ne sera pas interdite : « Elle est émise depuis l'étranger, explique Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication. En outre le problème ne tient pas au contenu des programmes, mais à la cible visée ».
Pourtant, les enfants passent beaucoup de temps devant la télévision. Beaucoup. La dernière étude du syndicat national de la publicité télévisée révèle que les 4-10 ans la regardent en moyenne 2h17 par jour. Les statistiques sont rares sur les moins de 3 ans. Mais en 2004, selon TNS, 87 % des 2-10 ans regardaient la télévision tous les jours. Une cible attentive Ce public est particulièrement attirant : il se renouvelle tous les trois ans, permettant de recycler des programmes et de les amortir d'autant plus facilement. Au pire, les tout-petits adorent voir et revoir le même dessin animé. Ainsi, en 2006, le syndicat des producteurs de films d'animation, s'amusait à comparer les quelque 25 000 heures de dessins animés français diffusées chaque année aux 280 heures produites en cinq ans. Enfin, friands de héros, les petits enfants pousseront les ventes de produits dérivés porteurs de licences : jouets, vêtements, jeux vidéo... Un vrai business. Si, en 1993, il n'existait qu'une chaîne jeunesse, Canal J, à la fin 2005, dix-huit émettaient en France, dont Baby TV, Adibou TV, Nickelodeon, Boomerang. Aujourd'hui, c'est plus, TNT oblige. Une tendance commune à toute l'Europe. La BBC a inauguré en mai 2008 CBeebies pour les 0-6 ans, Tiscali TV a lancé Scamp, un service de vidéo à la demande interactif pour les moins de 3 ans. Sans compter les chaînes généralistes que n'oublient pas les plus jeunes dans leurs grilles de programmes. Si votre morale ne vous interdit pas d'investir le créneau et que vous aimez le risque, « pariez » sur la production de dessins animés, plébiscités par les tout-petits. Difficile d'utiliser un autre mot que « pari », les succès sont aléatoires, « dépendant de la créativité des équipes », précise Jeffrey Katzenberg, p-dg de DreamWorks Animation. Un coup de poker La société Xilam, cotée depuis le 7 février 2002 en sait quelque chose : son résultat net a chuté de 933.000 €, à -3,7 M€, entre 2006 et 2007, à cause du résultat mitigé de Tous à l'Ouest, un long-métrage avec Lucky Luke. Des résultats qui ont mis l'action au plus bas, 1,70 €, contre 5 € à son meilleur niveau. Mais l'année prochaine, Xilam va se recentrer sur les séries animées pour la télévision et surfer sur le succès d'Oggy et les cafards. La saison 3 et les aventures de Rahan seront commercialisées cette année. Des séries à fort potentiel. Enfin, l'entreprise dispose d'un catalogue alléchant : les Zinzins de l'espace ont eu un succès mondial. Si vous désirez minimiser les risques en misant sur plusieurs studios, c'est possible via le système des Sofica ; les spécialistes de l'animation TV jeunesse sont rarement cotés. Une Sofica, c'est un fonds d'investissement défiscalisant. Si vous y placez de l'argent pendant cinq ans, vous obtiendrez une réduction d'impôts. Fin 2007, la société Backup Films a créé Cofanim, dédiée à la production d'animation jeunesse pour la télé. Les studios sur lesquels elle s'appuie sont Futurikon, Millimages, Moonscoop et Xilam. Aujourd'hui, la levée de fonds est achevée, surveillez le prochain tour. En attendant, vous pouvez aussi miser sur des valeurs connues, telle DreamWorks, dont les héros entament de nouvelles carrières sur les petits écrans. Retrouvez l'article original paru le 8 août 2008 sur le site moneyweek.fr L'auteur Céline Astruc est grand reporter au sein de la rédaction de MoneyWeek où elle est plus particulièrement spécialisée dans les secteurs des nouvelles technologies, des médias, de la grande consommation, du transport ou encore de grande distribution. Titulaire d'une licence d'économie à l'Université de Rhode Island, d'une maîtrise de stratégie industrielle et d'études économique, ainsi que d'un DEA de politique générale des organisations à l'Université de Paris Dauphine, Céline Astruc s'est lancée dans une carrière de journaliste au moment de la bulle Internet et de la libéralisation des télécommunications. De Réseaux et Télécoms, à LSA Conso sur BFM radio, elle s'est passionnée pour les médias, les nouvelles technologies et la consommation.
L'ogre pétomane, nouvelle star de la télé et des bébés
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