05 Septembre 2008

Le webzine des professionnels du financement du cinéma et de l'audiovisuel

Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable

Quand Hollywood s'intéresse à Wall Street (Le Figaro.fr)

par Alexandre Panizzo

Le cinéma américain a déjà approché le monde de la finance internationale à travers quelques films qui ont fait de la bourse leur thème principal et où ce secteur y apparaît sous ses aspects les plus pervers.



Quand Hollywood s'intéresse à Wall Street (Le Figaro.fr)
Symbole même du monde capitaliste et donc, de la société américaine, la bourse a pu s'exprimer au cinéma grâce à la volonté de quelques cinéastes qui ont réalisé des films plus ou moins engagés. Les thèmes de la finance et de la bourse, parfois utilisés comme simple trame de fond, peuvent également devenir le centre de l'intrigue et faire référence à des faits réels. C'est ainsi le cas du film Trader (Rogue Trader en VO), qui reprend l'histoire véritable de Nick Leeson, le célèbre courtier britannique qui avait causé, du fait de ses manipulations boursières, la ruine de la plus prestigieuse banque britannique, la Barings. Le montant des pertes engendrées par les positions de Leeson iront jusqu'à 827 millions de livres sterling, soit deux fois le capital de la banque, qui sera contrainte de mettre la clé sous la porte le 26 février 1995. Sorti de prison en 1999, il a écrit un livre autobiographique, Trader, qui sera porté à l'écran quelques mois plus tard et dont le rôle de Nick Leeson sera brillamment interprété par l'acteur écossais Ewan McGregor.

D'autres scénaristes et réalisateurs se sont servis du thème de la bourse pour dessiner le portrait d'une société où seul le profit compte, contribuant ainsi à véhiculer l'image d'un monde où ses acteurs, dans ce cas les courtiers, sont obsédés par l'appât du gain, sans scrupules, prêts à tout pour arriver à leurs fins. «Wall Street» (titre original), est un bel exemple de cette critique sociale. Réalisé par Oliver Stone, ce film narre l'ascension dans le monde des finances d'un golden boy. Dévoré par une ambition sans limite, Bud Fox (Martin Sheen) se fixe un objectif : celui de ressembler à son mentor, Gordon Gekko, gourou des marchés et requin des affaires, interprété par un Michael Douglas d'une efficacité glaciale. Dans Wall Street, le réalisateur Oliver Stone, dont le père fût trader, parle aussi des dérives de la spéculation et de l'argent sale, des thèmes qui seront repris dans d'autres œuvres cinématographiques. Ironie de l'histoire, le film d'Oliver Stone est sorti en salles quelques jours avant le krach de 1987 et qui secouea violemment les marchés américains.

L'argent n'a pas d'odeur

Le thème de la manipulation des cours est également repris dans la comédie «Un fauteuil pour deux» (Trading Places en VO), qui réunit Eddie Murphy et Dan Aykroyd. Ces deux individus que tout oppose (le premier est un clochard et le second un aristocrate s'unissent malgré eux pour mettre un terme aux agissements de deux vieux requins de la finance qui manipulent les cours du jus d'orange surgelé afin de devenir les maîtres du marché. Là encore, les courtiers y apparaissent comme des êtres acariâtres et dénués de tout scrupule. Mais surtout, le film est une excellente vitrine du monde de la Bourse, puisque certaines scènes renvoient directement à la réalité, avec ses traders qui achètent et vendent des titres autour de la corbeille, le tout dans un brouhaha indescriptible et une cacophonie totale pour les non-initiés.

Mais Hollywood s'est également servi de la bourse comme thème de fond pour aborder l'émancipation des femmes et leur entrée dans le monde de la finance, un secteur historiquement dominé par la gente masculine. Dans son tout dernier film «Jackpot» (What happens in Vegas en VO), l'actrice américaine Cameron Diaz interprète le rôle d'une courtière de New York qui vit dans un milieu extrêmement tendu. Prochainement, c'est l'actrice Jennifer Lopez qui, dans le film»Bridge and tunnel», interprétera une courtière se fiant à un adolescent qui spécule sur les transactions boursières à partir de son ordinateur personnel.

Le thème de l'émancipation des femmes dans le milieu de la finance, et plus précisément dans celui de la bourse, est également repris en France via la série télévisée «Scalp», anciennement diffusée sur Canal +. Scalp met en scène des traders des années 90 et notamment Alex, une femme qui, à la mort de son époux, un golden boy criblé de dettes, décide de mener sa propre enquête, en infiltrant le milieu boursier à Paris. La série aborde ouvertement les travers du monde de la finance : délits d'initiés, paradis fiscaux, blanchiment d'argent etc. Au final, on le voit bien, le cinéma et le petit écran ne donnent pas une vision angélique des milieux boursiers.





Nouveau commentaire :

Nom*
Adresse email* (non publiée)
Site web

Commentaire
Me notifier l'arrivée de nouveaux commentaires